la laïcité selon… Sampiero Sanguinetti


Laïcité / dimanche, janvier 4th, 2026

La France est surement l’un des états de l’occident où la crispation face aux signes distinctifs de la religion a atteint la plus forte intensité. Cette crispation vise en premier lieu dans les années 2000, tout ce qui concerne l’islam. Mais il convient de rappeler qu’avant l’islam, des crispations du même ordre ont visé au XXe siècle la religion chrétienne elle-même. L’obsession anti religieuse d’une partie de la population est un héritage de la révolution française. Le lien entre la monarchie et la religion catholique était étroit. La noblesse et le clergé étaient deux des principaux soutiens de cette monarchie. Le débat sur la place de la religion a ressurgi en France après la chute du Second Empire, au moment où le régime républicain l’emportait, apparemment de manière définitive, sur les régimes monarchique et impérialiste. C’est à ce moment-là que surgit l’idée de faire de la Laïcité le quatrième pilier de la république avec la Liberté, l’Égalité et la Fraternité. D’où la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’État. Le texte de la loi de 1905 est clair mais dès ce temps-là apparaît une confusion au sujet de l’idée de laïcité. Pour les uns, conformément à ce que dit la loi, ce concept signifie que l’État est un état laïque qui garantit aux citoyens le droit de pratiquer la religion de leur choix. Pour les autres la laïcité définit le principe de l’hostilité essentielle de l’État à l’égard des religions, au premier rang desquelles la religion catholique. La première conception garantit à chacun la liberté du culte, la seconde vision est globalement hostile aux religions. Il convient de rappeler que dès cette époque, le débat est extrêmement violent et que la sévérité et l’intransigeance des « laïcards » à l’égard de la religion catholique sont clairement exprimées.

Durant le XXe siècle, la présence des puissances coloniales en Afrique explique l’émergence d’une question musulmane dans les pays colonisateurs de tradition chrétienne. Mais la nature même de la colonisation conduit à minimiser cette question. Les musulmans sont, du fait des statuts coloniaux, une population de second ordre en termes de citoyenneté et de droits. Ils ne sont pas en situation d’exiger une parité de traitement en matière religieuse.

A la fin du XXe siècle, la décolonisation achevée, les données du problème ont changé. Premièrement un grand nombre de musulmans ont préféré ou ont été obligés de demeurer en Europe. Deuxièmement, des liens privilégiés ont souvent persisté entre anciens colonisateurs et nouveaux émancipés. Ne serait-ce que pour des raisons linguistiques. Dans les sociétés post coloniales, ont alors commencé à se poser les questions de citoyenneté, de droits, et de la pratique de la religion musulmane. Deux formes d’oppositions vont faire leur apparition. Pour les gardiens de la tradition « laïcarde », qui ont le sentiment d’avoir incomplètement gagné la bataille contre la religion chrétienne, il n’est pas question de se laisser déborder par une nouvelle question religieuse liée cette fois à l’Islam. Pour les nostalgiques de l’empire colonial, et ils sont nombreux, la religion musulmane est la religion de ceux qui les ont combattus et qui les ont boutés hors de chez eux, notamment en Algérie. Leur hostilité est radicale.

Cette question refait brutalement irruption dans le débat en France lorsqu’un groupe d’intellectuels en novembre 1989, lance un appel, relayé par un journal, Le Nouvel Observateur, à « ne pas capituler » face à quelques jeunes filles qui prétendent venir à l’école la tête couverte d’un foulard : « Profs, ne capitulons pas ! ». Les signataires de cet appel sont Elisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay et Catherine Kintzler[1]. A priori, ces intellectuels étaient, en ce temps-là, plus assimilables à des républicains sourcilleux et inquiets qu’à des laïcards. Et ils n’ont à l’évidence rien à voir avec les nostalgiques de l’empire colonial. Mais leur appel fait douter de leur positionnement réel. Qu’ils le veuillent ou non (et bien sûr ils ne le veulent pas), cet appel est au mieux maladroit, au pire malheureux.

Dénoncer les symboles de ce qui se cache derrière le port du voile n’est évidemment pas choquant en soi. Mais l’argumentation proposée est problématique.

Tout d’abord, le mot capituler est fort. Il signifie qu’une forme de guerre est engagée. Ces intellectuels paraissent alors être les premiers à se placer dans l’hypothèse d’une guerre de civilisations.

 

Ensuite, tolérer le foulard à l’école, disaient les auteurs du texte, « ce n’est pas accueillir un être libre »… Il y aurait donc des enfants qui sont des êtres libres et d’autres enfants qui ne le seraient pas ? Je croyais naïvement, pour ma part, que l’école publique accueillait tous les enfants pour tenter justement de leur donner les clés d’un savoir qui, peut-être, on l’espère, en ferait des femmes libres et des hommes libres. Mais non, il y aurait des êtres libres avant d’avoir appris, qui mériteraient l’école, et des êtres asservis qu’il faudrait rejeter. « Ce n’est pas en réunissant dans un même lieu un petit catholique, un petit musulman, un petit juif que se construit l’école laïque ». Faut-il comprendre que c’est en éradiquant les enfants différents, porteurs de différences, encombrés de l’histoire de leurs parents, qu’on construit cette école ? Penser par soi-même ne serait pas une conquête sur soi-même, mais comporterait des formes de préalables : l’oubli de ses racines, le rejet des anciens. Les enfants devraient admettre que leurs pères sont suspects, suspects de ce qu’ils sont, voire coupables, et qu’il faut donc les nier ou le renier. L’école ne devrait pas apprendre à nos enfants le respect des différences mais leur apprendre l’oubli et la négation des différences ?

Faut-il rappeler que tous les jeunes gens, à l’âge de l’adolescence, se construisent en s’opposant. Ils s’opposent justement et généralement à la loi du père. Juliette et Romeo s’opposent à la loi de leurs clans pour gagner la liberté de s’aimer. Substituer trop tôt la loi de l’école républicaine à celle du père c’est prendre le risque de brouiller tous les repères, d’inverser les logiques. L’adolescent alors s’opposera à la loi qui prévaut pour, soit prendre la défense du père, soit s’égarer définitivement en rejetant et le père et toute forme de sociabilité. 

Il n’y a sans doute pas de réponse absolue et définitive à ces questionnements. Or c’est bien là que se trouve le problème. Car ces intellectuels prétendaient en apporter une. La formulation qu’ils proposent d’une réponse est inquiétante. D’autant plus inquiétante que la maladresse des mots vient de « philosophes » et « d’intellectuels » spécialistes du maniement des mots.

Qu’on dise que l’enseignement à l’école dans nos sociétés doit conduire les uns et les autres à savoir évaluer le sens des traditions et apprendre à en peser les signes et les conséquences, leur donner les moyens de dépasser les préjugés, cela est évident. Mais peut-il y avoir des préalables au droit de comprendre cela ? Et le but, on l’espère, n’étant pas de conduire tous les humains vers la conformité à un modèle unique, peut-on faire l’économie d’un apprentissage au respect des différences ?

L’un des signataires de ce texte, Alain Finkielkraut, longtemps plus tard, se dévoilera un peu plus en précisant sa pensée.  Il s’insurge : « on change l’enseignement de l’histoire coloniale et de l’esclavage. Désormais on enseigne qu’ils furent uniquement négatifs, et non que le projet colonial entendait éduquer et amener la culture aux sauvages »[2]. Ah les sauvages et les fameux bienfaits de la colonisation ! Au moins de cette manière les choses deviennent plus claires. Cet homme-là entrera à l’académie française avec la conviction bien ancrée de sa supériorité sur ceux qu’il appelle « les sauvages ».

Petit à petit, dans la société, toute nuance dans la qualification des faits serait bannie : la confusion deviendrait totale entre foulard, voile, hidjab, burka… puis un jour le burkini… Toute manifestation interprétée comme musulmane pourrait devenir suspecte. Le principe de la laïcité ne serait plus la garantie offerte à chaque citoyen de pratiquer sa religion quelle qu’elle soit, mais la culpabilisation progressive et nécessaire de toute religion et l’interdiction de toute manifestation d’appartenance religieuse hors du plus stricte espace intime. Il fallait désormais, pour les croyants, apprendre à vivre dissimulé, voire honteux. L’islam a été le déclencheur de cette nouvelle guerre de la laïcité, mais toutes les religions sont visées.

– « Le choc des civilisations et la refondation de l’ordre mondial ».

Les théoriciens français du bannissement des signes religieux de l’espace public opposent, en 1989, laïcité et religion. Un professeur de l’université de Harvard, Samuel Huntington sept ans plus tard, opposera, lui, les religions entre elles.  Dans un livre qu’il publie en 1996-1997, il suppose qu’il n’existe pas de modèle « universel » de la civilisation et il décrit un monde divisé en neuf grandes civilisations sources de graves conflits passés ou à venir. Chacune de ces neufs civilisations aurait pour origine une grande religion qui en aurait formé le socle moral et politique. Et il découle de sa théorie que nous assisterions dans les temps présents à une montée en puissance d’un conflit majeur entre civilisation issue de la religion chrétienne et civilisation issue de la religion musulmane. Cette théorie, à l’époque, se heurte à de nombreuses critiques. L’une de ces critiques vient de ceux qui n’acceptent pas de dire qu’il n’existe pas de modèle « universel » de la civilisation. Une autre de ces critiques refuse d’admettre qu’il y aurait une sorte d’inéluctabilité d’un conflit à venir entre chrétiens et musulmans.

Ce débat, qu’il n’est pas nécessaire ni possible de trancher ici, est surtout révélateur du malaise qui gagne alors le monde. A quelque religion ou à quelque école de pensée qu’ils appartiennent, il y a ceux qui au nom de Dieu ou au nom de la raison estiment être absolument et unilatéralement dans le vrai. Ceux-là s’enfermeront dans le refus d’entendre les arguments de l’autre ou même plus simplement d’envisager la situation de l’autre. Cet absolutisme effectivement sera source de drames. Des drames que rien ne permettra d’éviter, pas même l’humour.

– La dimension subversive de l’humour.

L’humour est depuis toujours le moyen de se moquer ou d’exprimer, sur le mode de la plaisanterie, ce qu’on ne peut pas dire de manière excessivement sérieuse. Face aux régimes autoritaires, nul ne s’est jamais trompé sur le caractère subversif de ce mode d’expression. Cet humour d’ailleurs passe souvent par le moyen de ce qu’on appelle la caricature, c’est à dire étymologiquement, la « charge ». Dans les régimes autoritaires, la caricature est donc diffusée sous le manteau, de manière généralement anonyme, et les personnes soupçonnées de participer à sa diffusion sont poursuivies lorsqu’elles sont identifiées. Dans les démocraties, l’humour et la caricature entrent dans le champ normal de l’expression dont la liberté est garantie. Il existe théoriquement des limites, bien sûr, à cette liberté, qui sont celles de la loi, de la bienséance et de la diffamation. Mais ces limites en matière d’humour et de caricature sont relatives et mouvantes. Les humoristes et les caricaturistes sont toujours et partout à la recherche de ces limites. C’est souvent en tutoyant les limites que l’humour et la caricature prennent plus de relief et plus de sel. Ces limites sont différentes d’un pays à l’autre en fonction des régimes, des croyances, des philosophies et des gouts. Il existe dans chaque pays des tabous qui jouent comme des marqueurs. Durant la seconde partie du XXe siècle, des journaux dans les démocraties occidentales se sont fait une spécialité de dépasser volontairement ces limites. En France le journal Hara Kiri, puis le journal Charlie Hebdo font partie de ces organes à la recherche permanente du dépassement. Le respect qu’on doit aux morts, la religion, les emblèmes de la Patrie… sont quelques-uns des marqueurs à transgresser. Hara Kiri en 1970 salue la mort du Général De Gaulle en titrant : « Bal tragique à Colombey, un mort ». Le ministre de l’intérieur fait interdire le journal. En 1993, un militaire accusé de viol se suicide à la veille de son procès. Le journal Charlie Hebdo présente la caricature d’un militaire en train de sodomiser le cadavre du soldat inconnu en proclamant : « Le soldat inconnu s’est fait enculer par l’adjudant Chanal ». Une association d’anciens combattants demande l’interdiction du journal… Les humoristes ne sont pas les seuls à choquer. Des artistes souvent utilisent ce mode d’expression. En avril 2010 un magasin FNAC de Nice organise un concours de photographies. Sur le thème du « politiquement incorrect » une photographie a été primée par le jury. Elle montre un homme s’essuyant les fesses avec le drapeau français. Ce choix provoque un véritable scandale. Le ministre de la justice, le maire de Nice et des anciens combattants montent au créneau. Les protestataires rappellent que l’article 2 de la constitution française stipule que « le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge est l’emblème national » de la République et que l’article 433-5-1 du code pénal prévoit que le fait d’outrager l’hymne national ou le drapeau tricolore peut être puni d’une peine d’amende ou d’emprisonnement. A chacun sa sacralité. La photographie incriminée fut immédiatement retirée de l’exposition.

Qu’il s’agisse d’humour ou de création artistique, Les provocations sont légion, le mauvais goût est un système et les plaintes sont extrêmement fréquentes. Ces provocations et les débats qui en résultent sont décapants. Ils sont considérés, à juste titre, comme ayant une utilité certaine pour les sociétés qui en maitrisent la production. Elles permettent de prendre de la distance avec la fameuse « sacralité » proclamée de certaines idées. Elles permettent de relativiser la gravité des évènements et d’ouvrir ainsi un espace possible de réflexion quand des situations paraissent excessivement bloquées. Elles sont aussi, probablement, dans ces mêmes sociétés, l’expression parfois d’un profond désenchantement ou d’un profond désespoir en direction des comportements humains. Les charniers de la première guerre mondiale et les camps d’extermination de la seconde ont brisé le rêve absolu d’une certaine conception de la civilisation. Les messages dits « d’amour » des grandes religions ont été depuis très longtemps démentis par toutes les formes d’inquisitions. Le message « universaliste » de la République est en contradiction avec l’appel permanent à ce qu’un « sang impur abreuve nos sillons ». Le devoir de sacrifice que les bons citoyens doivent consentir à la Patrie se heurte aux intérêts constamment protégés et constamment renouvelés des plus fortunés, des héritiers, des actionnaires et des patrons. L’hypocrisie, le double langage, la trahison des élites, les autoproclamassions d’une supériorité des uns sur les autres, l’indéboulonabilité des « statues d’assassins », la fragilité des grands principes face à l’avidité des puissants… tout cela a brisé le consensus. Mieux vaut donc en rire ; s’offrir le plaisir de railler les profiteurs, de bousculer les bonnes consciences, de réveiller les bénis oui-oui.

Le désenchantement n’est bien sûr pas général ; sinon ce ne serait pas drôle. Les provocations sur le mode humoristique ont du mal à passer dans certaines parties de la société. Mais ce qui a du mal à passer au cœur même des sociétés occidentales, est totalement incompréhensible au-delà des frontières, dans des pays où la notion de liberté d’expression n’a pas encore acquis les mêmes lettres de noblesse ou d’évidence que chez nous. Des pays où, face à la misère et à l’injustice, la religion reste souvent le dernier refuge des déshérités. Des pays où les individus risquent beaucoup plus que chez nous. Des sociétés qui n’ont pas fait le même chemin, qui ne sacralisent pas les mêmes choses.

En septembre 2005, un journal danois le Jylland Posten publie douze dessins présentés comme des caricatures du prophète Mahomet. Quatre ans après la destruction des Twins Towers à New York et alors que le malaise est grandissant entre le monde musulman et le monde occidental, l’affaire va prendre des dimensions impressionnantes. Ce journal danois n’avait pas l’intention d’offenser les musulmans mais les subtilités du message ne sont pas nécessairement très claires pour tout le monde. Des musulmans protestent ici et là et des journaux au fur et à mesure des protestations reproduisent les caricatures à travers le monde entier. Charlie Hebdo fait évidemment partie des journaux qui ont reproduit les caricatures. Au fil de cette affaire, toute référence humoristique a bientôt disparue. Pour les uns, l’occident insulte les croyants musulmans, pour les autres, ces mêmes musulmans s’en prennent à l’une des valeurs principales de l’occident : la liberté d’expression. Les uns défendent leur religion, les autres défendent leurs principes.

Ce mauvais débat débouche, à Paris, sur une instrumentalisation criminelle, un drame épouvantable lorsqu’un groupe se réclamant de « L’État Islamique » (DAECH) s’introduit dans les locaux du journal Charlie Hebdo et massacre à la kalachnikov les membres présents de la rédaction. Cette action s’inscrit dans la succession des actes terroristes innommables revendiqués par DAECH. Et l’objectif qui se dessine est de faire monter la tension entre les populations du monde occidental et les musulmans. Obliger chacun à rejoindre son « camp ». Les appels se multiplient pour demander aux citoyens européens de ne pas confondre tous les musulmans avec ces terroristes. Mais entre ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe, ceux que l’effroi légitime aveugle, et ceux qui nourrissaient déjà des formes d’antipathie ou de haine à l’égard des musulmans, nul ne parvient à empêcher que se creuse le fossé entre deux immenses groupes de populations dans le monde. La situation devient donc extrêmement périlleuse. D’autant que des terroristes, au nom des mêmes slogans, récidivent au Bataclan, puis à Nice, à Marseille, à Saint Etienne du Rouvray, à Conflans Sainte Honorine… et ailleurs dans le monde.

En septembre 2020, alors que s’ouvrait à Paris le procès des complices d’assassins dans l’attentat perpétré contre le journal Charlie Hebdo, un collectif de médias français, proclame que « c’est tout l’édifice juridique élaboré pendant plus de deux siècles pour protéger votre liberté d’expression qui est attaqué, comme jamais, depuis soixante-quinze ans » et « que le délit de blasphème n’existe pas »[3]. Face à l’horreur et aux velléités éventuelles de mise au pas, ces journaux n’ont pas le choix, ils doivent défendre les principes qui les fondent, mais ils n’ignorent pas non plus l’ambiguïté de la situation. Ce message s’adresse à soixante millions de français. Mais ce sont des milliards d’individus qui ont reçu en mode souvent déformé, incompréhensible, illisible, le message des caricatures. Des milliards d’individus pour qui le délit de blasphème existe malheureusement encore. Et des milliards d’individus pour qui l’injustice la plus noire est un lot quotidien, pour qui la violence est une fatalité, et pour qui l’arrogance des pays occidentaux est, de leur point de vue, une réalité perceptible. Il ne suffit pas d’avoir raison, encore faut-il se donner le temps et les moyens de convaincre les autres de cette raison. Comment, dans le monde globalisé, sauver la liberté là où elle existe sans humilier ceux qui, ailleurs, n’en disposent pas ? Comment défendre l’alignement du monde sur le mieux disant plutôt que sur le moins disant ? Comment conduire ce combat sans que les drames qu’il provoque ne nous fassent dévisser tous ensemble vers l’abîme ?

 

[1] Lettre ouverte à Lionel Jospin : « Profs, ne capitulons pas ! » – Le Nouvel Observateur – 2 novembre 1989.

 

[2] Alain Finkielkraut – Interview au journal Haaretz le 18 novembre 2005

[3] « Ensemble défendons la liberté » – Appel d’un collectif d’une centaine de médias français – le 23 septembre 2020

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